Depuis la baisse du taux du Livret A à 1,5 % en février 2026, de plus en plus de parents cherchent une alternative concrète pour préparer l'avenir financier de leurs enfants. Malgré sa revalorisation à 1,7% à compter du 1er août, le Livret A est-il la solution la plus adaptée pour constituer un capital sur le long terme ? Ou faut-il envisager d'autres solutions, comme l'investissement dans des parts de SCPI au nom de l'enfant mineur, avec réinvestissement automatique des dividendes ? Comparatif chiffré et conseils pratiques.
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Le Livret A jeune : la solution la plus simple, mais la moins performante
Le Livret A reste, de loin, le placement préféré des familles françaises pour épargner au nom de leurs enfants. Sa simplicité d'ouverture, l'absence totale de risque et sa disponibilité immédiate en font un réflexe pour près de 83 % des Français. Mais depuis le pic à 3 % de janvier 2025, son rendement n'a cessé de reculer.
Comment fonctionne le Livret A pour un enfant mineur
Un parent (ou représentant légal) peut ouvrir un Livret A au nom de son enfant dès la naissance, sans condition d'âge. Le plafond de versement est identique à celui d'un adulte, soit 22 950 €. À partir de 12 ans, il est également possible d'ouvrir un Livret Jeune, plafonné à 1 600 €, dont le taux ne peut jamais être inférieur à celui du Livret A.
Le Livret A ne présente aucun risque de perte en capital et reste totalement liquide. Mais à 1,5 % actuellement, son rendement couvre à peine l'inflation : sur longue durée, il ne permet pas de construire un capital significatif pour votre enfant.
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La SCPI au nom d'un enfant mineur : un placement méconnu mais accessible
Beaucoup de parents ignorent qu'il est parfaitement possible d'acheter des parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) directement au nom et pour le compte d'un enfant mineur. Ce placement donne accès à l'immobilier professionnel ( bureaux, commerces, entrepôts, résidences de santé ) et génère des revenus locatifs réguliers, sans aucune gestion à assurer.
Qui peut souscrire des parts pour un mineur ?
La souscription se fait au nom de l'enfant, mais elle est réalisée et administrée par ses représentants légaux (les deux parents en général, sauf autorité parentale exclusive). Les fonds appartiennent juridiquement à l'enfant : ni les parents, ni personne d'autre, ne peuvent les utiliser à d'autres fins. À sa majorité, l'enfant devient seul titulaire et décide librement de conserver, revendre ou compléter son placement.
Le réinvestissement automatique des dividendes : l'atout majeur
C'est ici que la SCPI prend tout son sens pour un projet de long terme. En activant l'option de réinvestissement automatique des dividendes, chaque revenu perçu (généralement trimestriel) sert à acheter de nouvelles fractions de parts, sans intervention des parents. Sur 18 à 20 ans, cet effet cumulatif peut considérablement accélérer la constitution du capital, bien plus qu'un simple placement à taux fixe.
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Comparatif chiffré : SCPI vs Livret A sur 15 ans
Prenons un exemple concret : un versement initial de 5 000 € à la naissance de l'enfant, complété par 100 € par mois pendant 15 ans, jusqu'à ses 15 ans. Nous comparons un Livret A à 1,5 % net et une SCPI affichant un rendement moyen de 4,5 % net de frais, avec réinvestissement intégral des dividendes.
| Support | Taux retenu | Capital versé sur 15 ans | Capital estimé à 15 ans |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 23 000 € | ≈ 25 700 € |
| SCPI (dividendes réinvestis) | 4,5 % | 23 000 € | ≈ 33 400 € |
Sur cette simulation, l'écart de capital final avoisine 7 700 € en faveur de la SCPI, soit près d'un tiers de gain supplémentaire, sans effort d'épargne additionnel. Plus l'horizon s'allonge (majorité à 18 ans, poursuite jusqu'aux études supérieures), plus l'écart se creuse en raison des intérêts composés.
Le rendement d'une SCPI n'est pas garanti et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Contrairement au Livret A, le capital investi en SCPI n'est pas garanti par l'État et peut varier à la baisse comme à la hausse.
Booster l'épargne de son enfant grâce aux parents et grand-parents : présent d'usage ou don manuel
2) Le don manuel : transmettre davantage dans un cadre fiscal avantageux
Constituer un patrimoine pour un enfant ne repose pas uniquement sur les versements des parents. Les grands-parents, mais aussi d'autres membres de la famille, peuvent également participer à cet effort d'épargne en finançant l'acquisition des parts de SCPI ou en alimentant une assurance-vie ouverte au nom de l'enfant.
Le présent d'usage : une solution simple pour les cadeaux
À l'occasion d'un anniversaire, de Noël, d'une naissance, d'une communion, d'une réussiteà un examen ou de tout autre évènement familial, les parent ou les grands parents peuvent effectuer un présent d'usage. Contrairement à un don classique, ce cadeau n'est pas soumis aux droits de donation dès lors qu'il reste proportionné aux revenus et au patrimoine de celui qui l'offre.
Plutôt que d'offrir une somme destinée à être rapidement dépensée, le présent d'usage peut être investi directement au nom de l'enfant afin de financer progressivement son patrimoine. Répétés au fil des années, ces ersements constituent un excellent levier pour profiter des interêts composés.
Le don manuel : transmettre davantage dans un cadre fiscal avantageux
À titre d'exemple, chaque grand-parent peut transmettre jusqu'à 31 865 € en numéraire à chacun de ses petits-enfants, sous certaines conditions, tous les 15 ans, sans droits de donation. Cet abattement peut, selon les situations, se cumuler avec l'abattement de droit commun de 31 865 € entre un grand-parent et un petit-enfant, permettant ainsi de transmettre des montants significatifs dans un cadre fiscal favorable.
| Configuration | Capital investi | Estimation à 15 ans (SCPI 4,5 %) |
|---|---|---|
| Sans don des grands-parents | 23 000 € | ≈ 33 400 € |
| Avec don ponctuel de 10 000 € | 33 000 € | ≈ 51 800 € |
Chaque don doit être déclaré à l'administration fiscale, y compris lorsqu'il est exonéré, afin de sécuriser la date et de faire courir le délai des 15 ans. Depuis le 1er janvier 2026, cette déclaration se fait en principe en ligne, par les représentants légaux lorsque l'enfant est mineur.

L'alternative assurance-vie : investir en SCPI avec une clause de blocage
Pour les parents qui craignent qu'un enfant tout juste majeur ne rachète l'ensemble de son épargne, l'assurance-vie ouverte au nom du mineur offre une solution intermédiaire. Le contrat peut être investi en unités de compte SCPI, avec la possibilité d'y intégrer une clause interdisant tout rachat avant un âge défini : 21, 25 ans, voire plus, fixée librement à la souscription.
Ce montage présente également un avantage fiscal notable après 8 ans de détention, ainsi qu'une meilleure liquidité qu'un achat de parts en direct en cas de besoin exceptionnel, tout en conservant l'objectif principal : protéger le capital d'un usage impulsif à la majorité.
Cette solution convainc particulièrement les familles où plusieurs générations souhaitent contribuer : parents et grands-parents peuvent alimenter le même contrat par versements réguliers ou ponctuels.
Les risques à connaître avant de se lancer
Risque de liquidité
Une part de SCPI n'est pas aussi liquide qu'un Livret A. La revente peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois. Ce placement doit donc s'envisager sur un horizon long, cohérent avec un projet pour l'enfant à 15, 18 ans ou plus.
Risque de variation du rendement et du capital
Les loyers perçus par la SCPI ne sont pas garantis, et la valeur des parts peut fluctuer selon le marché immobilier. Une diversification entre plusieurs SCPI et secteurs (bureaux, logistique, santé, résidentiel) permet de limiter ce risque.
Un placement à combiner, pas à opposer
Le Livret A garde un rôle utile : constituer une épargne de précaution totalement liquide. La SCPI, elle, prend le relais pour viser un rendement supérieur sur un horizon long. Les deux solutions sont souvent complémentaires plutôt qu'exclusives l'une de l'autre.
FAQ : vos questions sur l'épargne SCPI et Livret A pour enfant
Peut-on cumuler un Livret A et des parts de SCPI pour son enfant ?
Oui, sans aucune restriction. La plupart des familles conservent un Livret A pour la disponibilité immédiate, et complètent avec des parts de SCPI pour viser un rendement supérieur sur le long terme.
Les revenus de SCPI perçus par un enfant mineur sont-ils imposés ?
Oui, en achat direct, ces revenus s'ajoutent au foyer fiscal des parents et sont imposés à leur tranche marginale d'imposition, plus les prélèvements sociaux. Via une assurance-vie, la fiscalité est généralement plus avantageuse, surtout après 8 ans de détention.
Peut-on inclure les petits-enfants dans cette stratégie ?
Oui. Les grands-parents peuvent souscrire ou financer des parts de SCPI directement au nom de leurs petits-enfants, en bénéficiant de leur propre abattement fiscal de 31 865 € tous les 15 ans.
Que se passe-t-il à la majorité de l'enfant ?
L'enfant devient seul titulaire des parts de SCPI ou du contrat d'assurance-vie. S'il existe une clause de blocage sur l'assurance-vie, les rachats restent impossibles jusqu'à l'âge fixé au contrat, même après 18 ans.
Quel budget minimum pour démarrer ?
L'achat direct de parts de SCPI est possible à partir de quelques centaines d'euros, avec des versements programmés dès 50 à 100 € par mois. Aucun budget minimum n'est requis pour ouvrir un Livret A au nom d'un enfant.
Quelle stratégie choisir pour vos enfants ?
Le Livret A reste un outil pertinent pour une épargne de précaution, disponible et garantie. Mais à 1,5 %, il ne suffit plus à construire un capital significatif pour l'avenir d'un enfant. Les parts de SCPI, avec réinvestissement automatique des dividendes, offrent un potentiel de croissance nettement supérieur sur 15 à 20 ans, tout en restant accessibles dès quelques centaines d'euros.
Que vous soyez parent ou grand-parent, la meilleure approche consiste souvent à combiner les deux : un socle de sécurité sur Livret A, et une stratégie de long terme en SCPI, éventuellement renforcée par un don manuel ou une assurance-vie avec clause de blocage. Chaque famille ayant une situation patrimoniale différente, un échange personnalisé permet d'ajuster la répartition la plus adaptée à votre projet.
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